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Chacun porte sa douleur et tout le monde s'en fout. Paris sous la pluie. Dans une petite chambre du XVe arrondissement, un vieux, une balle dans la poitrine. Suicide, apparemment. Cadavre sans importance. Sauf pour Vadim Bronsky, inspecteur à la Criminelle qui, entre Greta qui l'a lâché et le scotch qu'il ne lâche plus, se cherche des raisons de vivre en fouillant dans la vie des autres. Commence alors un long voyage entre les bas-fonds et les beaux quartiers avec, au bout, la guerre d'Algérie, où se cache, derrière le drame des Harkis, la mémoire de l'inavouable. Dernière mort avant l'oubli. Vadim Bronsky vu par René Dzagoyan «C'est un brave garçon, mais il faudrait qu'il boive moins et se lave plus. On verrait mieux son teint mat et ses yeux gris-bleu. Surtout s'il se coiffait. Mais depuis le bouquin, il va mieux. Malgré les apparences, c'est un sensible, fidèle en amitié. Sauf avec moi. Il supporte mal d'être devenu un personnage de roman. Mais c'est trop tard : nos destins sont désormais indissociables.» René Dzagoyan vu par Vadim Bronsky «Il est né dans un bled de mineurs, Gardanne, une ville d'émigrés. Le cauchemar du frontiste. À ses cheveux poivre et sel, il pèse bien plus de 50 balais. Mais il veut pas l'avouer. Au début, il s'est lancé dans la philo. La peur de devenir con ; mais ça lui a passé : après deux ans chez les Yankees, il s'est reconverti dans le business, l'informatique. Son boulot l'a baladé dix ans dans des coins paumés, comme le Kazakhstan ou le Tadjikistan. Sans parler de l'Arménie, sa terre promise. Pas qu'on se boude, mais depuis la naissance du bouquin, on est comme les vieux couples : on se supporte.