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« En été 1957, après un accident de voiture, je fus, durant trois mois, la proie de douleurs suffisamment désagréables pour que l'on me donnât quotidiennement un succédané de la morphine appelé le «875» (palfium). Au bout de ces trois mois, j'étais suffisamment intoxiquée pour qu'un séjour dans une clinique spécialisée s'imposât. Ce fut un séjour rapide, mais au cours duquel j'écrivis ce journal que j'ai retrouvé l'autre jour. » Françoise Sagan Dans ce texte inédit, Françoise Sagan raconte sa désintoxication. Sous la forme d'un journal, on sent qu'elle s'adresse encore à un lecteur potentiel. Elle y décrit sa souffrance et son angoisse de la déchéance. Elle s'observe, s'ausculte, nous fait partager ses pensées, ses lectures et sa peur immense de la mort, du vide, de la solitude.Ses amis pourtant ne l'oublient pas et passent la voir, l'odeur de l'herbe dans le jardin la remplit de sérénité. Ses souvenirs de la vie des cafés, de l'alcool et des cigarettes lui semblent si lointains qu'elle nous donne le sentiment qu'elle n'y reviendra jamais.Bernard Buffet a su parfaitement mettre en images la brutalité du texte de Sagan. Chaque page est illustrée de dessins, à l'encre de chine, aigus, violents qui sont le reflet de la douleur insurmontable du manque.