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Elle me regarde, les yeux emplis de larmes, suppliante. Merde, elle sait si bien y faire ! Je dois résister. Elle n'aura pas mon pardon cette fois-ci. Tu m'emmerdes, Justine, tu m'emmerdes ! Déjà je flanche, elle me sourit timidement, elle a gagné, je n'y peux rien. Elle gagne toujours. Et moi je perds. Toujours. Attention Sonia ! Son hurlement fait tourner mon regard vers la route, vers les phares d'un camion se dirigeant droit sur nous. Trop tard. Je sais que je lui pardonne... Je le sais dès le premier impact. * * * Je suis tellement désolé. Je n'y arrive plus. Il pleurait doucement, assis sur cette banquette dans notre brasserie, notre lieu de rendez-vous habituel. Il cachait son visage dans ses mains, ne supportant pas ma compassion. Nous étions les derniers clients. Claude attendait notre départ pour fermer définitivement. Mon coeur se serra. Pourquoi faut-il autant souffrir tous les deux ? continua-t-il, m'adressant son regard à demi perdu par tout l'alcool bu. Chut... tout va bien Paul. Je passai mes bras autour de ses épaules, le maternant. Il me quittait et il pleurait. Moi, j'avais trop bu pour larmoyer sur notre sort et puis je ne pleurais sur personne. Non ! Rien ne va Sonia. Rien n'a jamais été... Je n'aurais jamais dû te le demander. J'avais le beau rôle, le prenant dans mes bras. J'aimais ses larmes, elles faisaient écho à ma douleur. Nous vidâmes un dernier verre ensemble. Il n'y en aurait peut-être plus d'autres.