Depuis que Thomas Simaku (né en 1958) a commencé à composer son cycle de Soliloques en 1998, la série s'est étendue à toutes les familles instrumentales de l'orchestre. L'objectif de ces oeuvres est d'explorer et d'examiner les caractéristiques expressives et techniques de chaque instrument, produisant une musique d'une grande virtuosité et d'une originalité saisissante. Solo, le quatrième album de Simaku et son premier album paru chez NMC, présente certaines de ses oeuvres solo les plus récentes, chacune atteignant une profondeur d'expression qui dépasse les limites de ce qui semble possible pour un seul instrument. La musique de Simaku a été saluée pour sa « profondeur d'expression et sa puissante imagination » (British Composer Award), et son mélange unique de lyrisme et de modernité complexe trouve son origine dans un moment charnière de la vie du compositeur. Lorsqu'il quitta l'Albanie stalinienne de son enfance, marquée par des restrictions et une censure extrême, pour s'installer au Royaume-Uni en 1991, ses études auprès de David Blake à l'Université de York (où il est aujourd'hui professeur de composition) furent une véritable révélation pour le compositeur. Il fut alors plongé dans la musique de pionniers modernistes tels que Ligeti, Kurtag et Boulez. Depuis, l'exploration libre de ces idées par Simaku l'a conduit à forger un style de composition d'une originalité saisissante (Neue Zeitschrift für Musik), qui lui a valu de nombreuses récompenses prestigieuses, dont le premier prix du Concours international organisé pour le centenaire de Lutoslwaski en 2013. Quels meilleurs musiciens que les solistes de l'Ensemble intercontemporain pour explorer toutes les possibilités de leur instrument ? Fondé en 1976 par Pierre Boulez avec le soutien de Nicholas Snowman et Michel Guy, l'ensemble résident de la Philharmonie de Paris réunit des solistes parmi les plus réputés au monde. Le morceau d'ouverture, Soliloque VII pour clarinette et piano résonnant, met en lumière le dédicataire de l'oeuvre, le clarinettiste Jérôme Comte, qui y déploie une polyvalence et une dynamique exceptionnelles, les qualités « vocales » du son étant magnifiées par la caisse de résonance du piano. Catena II, interprétée par le pianiste Dimitri Vassilakis, est un voyage au coeur des couleurs, des nuances et des dynamiques que permet le piano, en six mouvements distincts que Simaku conçoit comme une « chaîne ». Le percussionniste Aurélien Gignoux donne vie à Soliloquy VIII pour marimba plus, oeuvre dans laquelle Simaku souhaitait « traiter le marimba comme un orchestre aux sonorités riches et variées, où de nombreuses lignes mélodiques interagissent constamment ». Dans Soliloquy IX pour trompette et piano résonnant, Simaku, avec ses passages en sourdine délicats, ses inflexions de hauteur menaçantes et ses résonances cristallines, conçoit la trompette comme partie intégrante d'une « toile résonnante », incarnée par le soliste Clément Saunier. L'album s'achève avec Catena III - Corona, réflexion personnelle de Simaku sur les effets dévastateurs de la pandémie de Covid-19, perceptible ici à travers des figures syncopées tumultueuses et des moments lyriques et mélancoliques.
Pays d'Origine : INCONNU
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