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"Figure phare du jazz nippon disparu le 6 juillet 2015 à 75 ans, ce pianiste avait enregistré à New York une ultime séance en solo. Une poignée de standards et d'improvisations à la beauté vénéneuse et crépusculaire qui offrent la quintessence de son art, constamment hanté par le silence. Révélé en Occident dans les années 1970 par une série d'albums en trio avec Gary Peacock, alors installé au Japon, ainsi que quelques collaborations prestigieuses (Gil Evans, Elvin Jones ... ), Masabumi Kikuchi développera lors des deux décennies suivantes un univers éclectique, acoustique et électrique, mêlant les influences de Miles Davis et Karlheinz Stockhausen aussi bien celles que Duke Ellington, Gyorgy Ligeti ou Toru Takemitsu. (...) En s'attachant pour une grande part à la relecture de standards (Ramona, Summertime, My Favorite Things) Kikuchi prend une certaine distance avec la tonalité libre de ses ultimes disques en leader de la même période (""Sunrise"" et ""Black Orpheus"", tous deux chez ECM). On y retrouve néanmoins toutes les qualités emblématiques de son style elliptique, truffant le tissu sonore d'espaces immensément dilatés. Rien de statique pour autant dans ces longues et lentes dérives dans lesquelles le pianiste semble aventurer ses improvisations mais un discours toujours tenu et composé, mettant magistralement en scène la dynamique du vide pour mieux offrir au silence toute son éloquence. Stéphane Ollivier / Stéphane Ollivier - JazzMagazine Mai 2021"