<>Good Remake<< , il figure sur le troisième album d'Orval Carlos Sibelius et, luxe suprême, a été placé à la toute fin du disque, afin que seuls soient récompensés les valeureux et les justes. Sauf que vous n'aurez besoin ni de patience et encore moins de courage pour venir à bout de Super Forma. Un matériel en état de marche, même approximatif, suffira. Parce que même si l'objet à été ouvragé avec un soin propre aux plus cinglants coups de maîtres (pendant deux ans, en studio et sur bandes analogiques), une e xubérance de disque maudit (un premier ingénieur du son a jeté l'éponge au bord du nervous breakdown, laissant le soin à Stéphane Laporte - Centenaire, Egyptology, Karaocake - de finir le mixage, et Orval lui-même, à bout de patience, a fini par enre gistrer et sortir son 2ème album - Recovery Tapes - dans l'intervalle) et qu'il contient une paire de moments totalement autres, où la raison a définitivement été écartée (le psychotronique >>Cafuron<< et ses trompettes fuzz sonnant le pinacle de la journée la plus pourrie de l'Univers sous fond d'arpèges horrifiques), il doit sa dimension épique, toute en polychromies hurlantes et vapeurs occultes, avant tout à ses chansons, puisque c'est bien de cela qu'il s'agit : de chansons. Des chansons pour les jours où vous vous réveillez torse nu et sans chaussures au beau milieu d'une zone industrielle, bien sûr, mais aussi et surtout des chansons où le feu et la grâce tombent dru comme grêle et sans la moindre indulgence 46 minutes durant, dissolvant dans une spectaculaire averse mercurielle Byrds et Robert Wyatt (>>Spinning Round<<), Morricone et les Ventures (>>Desintegraçao<<, >>Asteroids<<), psychédélisme italien et vents californiens (>>Super Data<<). La manière est radicale, le résultat terr assant. Et à la fin, alors que s'envolent les dernières notes de l'immense >>Good Remake<< et qu'au loin, une nation d'insectes continue à chercher son âme dans la brume du continuum pop, Orval Carlos Sibelius avance tranquilement vers la lumière avec la physionomie étrange et étincelante des acrobates, tenant entre ses mains l'enveloppe intacte d'un coeur palpitant. Pas n'importe lequel : le votre. Le voyage est à ce prix. On n'en revient pas, mais on y reste heureux. Fou, perdu, mais heureux. C' est ça ou la zone industrielle, à vous de choisir.>> Lelo Jimmy Batista
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