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« Le dessin, depuis la nuit des temps. Les images mouvantes, depuis le XIXe siècle. Puis, l'animation. L'animation, étymologiquement et concrètement, est bel et bien l'art de donner la vie. La vie est mouvement et dès lors que les images se mettent à bouger, elles vivent. Selon Charalambos Margaritis, si le temps est la matière première du cinéma, le mouvement est la matière première de l'animation. [...] L'art de l'animation partage avec le cinéma le principe de l'accumulation mathématique des images. Là où le cinéma va créer l'illusion qu'un film, pour son spectateur, est une vision faite d'une seule image fluide évoluant avec l'intrigue, l'art de l'animation, pour sa part, ne cherche pas à masquer ce qu'il doit à cette accumulation, à cette superposition d'images dessinées ou de situations filmées. Là se fait la rupture ontologique entre le cinéma et l'animation, ces deux médiums seraient-ils en fait jumeaux techniquement parlant. Le cinéma fait oublier à son spectateur qu'il repose sur une accumulation d'images toutes différenciées, là où le film d'animation, lui, entend ne pas cacher au spectateur que chaque image qui le constitue est un tout auquel viennent s'ajouter d'autres « tout », d'autres images individualisées, chacune étant l'équivalent d'une case dans la bande dessinée. Quand le cinéma, techniquement, gomme sa nature mécanique, l'art de l'animation exalte celle-ci. »