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Au milieu de 1896, Rilke annonça un "recueil de nouvelles", qui devait paraître bientôt. Ce ne fut pas le cas. Quelques-unes parurent dans des revues, mais la plupart demeurèrent à l'état manuscrit. Ces nouvelles manuscrites ont été conservées et viennent d'être publiées intégralement en Allemagne en 2004. Ce sont ces treize nouvelles, absolument inédites, dont nous présentons ici la traduction, sous le titre de l'une d'entre elles (Serpents d'argent). Dans ces textes de jeunesse, tout le Rilke futur est déjà présent. On assiste à ses essais de composition en styles divers : prose poétique, langage populaire, description réaliste, parodie du langage pathétique du théâtre de son temps, etc. Les sujets en revanche tournent tous autour d'une obsession fondamentale : dépeindre l'homme comme un être tourmenté par une exigence d'absolu, auquel il ne peut atteindre dans un monde hostile, prosaïque et sordide, ce qui le conduit au désespoir(Le Dimanche dont rêvait Babette, Lison la rousse, Le Bal), à la démence, (L'Accord parfait), au suicide (Serpents d'argent, L'Ineffable), voire à l'assassinat (Tony).Tout l'art de Rilke consiste à exprimer "cet ineffable et toujours cet ineffable" (Lettre à Stephan Zweig, 14 février 1907).