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Autour de 1930, un peu à rebours de l'époque, Serge Roche embrassa la cause du baroque. Fils d'un marchand d'art, qui devait finir aquarelliste réputé, il connut dès l'enfance les artistes qui fréquentaient, à Montmartre, la boutique familiale et n'étaient autres que Picasso, Renoir ou Pissaro. Fasciné par ces oeuvres d'art à la fois virtuoses et invisibles que sont les cadres et les miroirs, il en devint l'archiviste, l'érudit et le galeriste. Sa familiarité avec les décors rococo et les cabinets de glaces de l'Europe baroque, de Venise à Wurtzburg, eut une autre conséquence : il imagina et produisit meubles, objets et décors que se disputerait pendant plus de trente ans une clientèle choisie, de Chanel à Ali Khan. De stuc et de miroirs, ses consoles, ses obélisques, ses cheminées et ses objets décoratifs réinventent le répertoire des styles qui le fascinaient, jouant des brisures de lumière et des reflets d'eau morte des miroirs vieillis. Ses créations prennent place auprès de celles d'autres créateurs, tels André Arbus et Jean-Charles Moreux, qui se refusèrent à considérer l'ornement comme un crime et font aujourd'hui l'objet d'une réévaluation radicale.