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Le père du contre-espionnage français. Dans la France d'après-guerre, Roger Wybot (1912-1997) se vit parfois qualifié d'"homme le plus puissant de la IVème République" ; homme de réseaux, homme de l'ombre auréolé du prestige de la Résistance, il participe dès 1944 à la création de la redoutable et redoutée direction de la Surveillance du territoire (D.S.T.), dont il prend la tête pour une quinzaine d'années. Véritable bras armé du ministère de l'Intérieur, la DST et son illustre directeur entrent alors de plain-pied dans les intrigues de la guerre froide, traquent les fuites, filent les agents doubles et sonorisent les ennemis de l'intérieur. De l'affaire des généraux à la guerre d'Algérie, l'ancêtre de la DGSI laisse ainsi son empreinte sur nombre de dossiers du renseignement français. Craint, charismatique et volontiers iconoclaste, Roger Wybot mène également avec détermination son service dans les guerres de chapelle fratricides qui animent les services français, jusqu'à projeter sur les responsables politiques eux-mêmes une ombre un peu trop grande. À son retour au pouvoir, fin 1958, le général de Gaulle préfèrera l'évincer, laissant à l'ancien résistant la possibilité, depuis les placards dorés de Beauvau, de rêver à un retour aux affaires tout en s'adonnant à son goût pour la peinture ou l'acuponcture. Le portrait écrit et très informé d'une figure tutélaire de l'âge d'or du renseignement français.