« Le Sacre du Printemps » d'Igor Stravinsky est considéré comme une oeuvre majeure de la musique classique du XXe siècle. Ses structures rythmiques et tonales, ponctuées de nombreuses dissonances, ont provoqué un véritable tumulte lors de sa création à Paris en 1913, avant de s'imposer rapidement comme une oeuvre incontournable du répertoire des salles de concert. En hommage à cette oeuvre, le hr Big Band, ici présenté comme le Frankfurt Radio Big Band, et le saxophoniste ténor américain Chris Potter, en proposent des extraits essentiels sur leur nouveau CD « Rituals ». « Cette oeuvre a été commandée par l'Alte Oper Frankfurt, qui a organisé un festival Stravinsky en 2013 », rappelle Olaf Stotzler, producteur du hr Big Band. À cette époque, un festival de musique était organisé autour d'une oeuvre classique majeure, en l'occurrence « Le Sacre du Printemps ». L'idée était de commander une composition à Jim McNeely pour Chris Potter. Cependant, il ne s'agit pas d'une version jazz du « Sacre du Printemps », mais d'une oeuvre originale, inspirée par le langage sonore du « Sacre du Printemps ». Le concert fut un immense succès, si bien que Potter et le hr Big Band décidèrent de l'enregistrer à nouveau en studio. Avec brio et aisance, le hr Big Band interprète avec fluidité la partition complexe, rythmique et harmonieuse, composée par McNeely dans l'esprit de Stravinsky. « McNeely n'a pas simplement repris un thème de Stravinsky et l'a réarrangé, il a créé une véritable composition », a souligné Stotzler. « Mais on perçoit clairement l'inspiration puisée dans le langage sonore du « Sacre du Printemps ». C'est pourquoi McNeely a enrichi la formation habituelle du big band en y intégrant un cor, une harpe et des percussions. De plus, il a composé un mouvement supplémentaire intitulé « Renaissance », absent de la version originale. » Chris Potter, l'un des meilleurs saxophonistes contemporains, a été choisi pour le rôle de soliste. Doté d'une sonorité unique et d'une inventivité inépuisable, il semble jouer avec une passion dévorante. « Chris Potter est la voix de ce sacrifice printanier », explique Olaf Stotzler. « Il incarne ce personnage, raison pour laquelle nous avons opté pour un soliste. La représentation musicale de ce sacrifice printanier est une tâche colossale. Il joue sans cesse, et c'est un défi pour lequel nous souhaitions faire appel à l'un des meilleurs. » Avec un musicien comme Chris Potter en studio, sa musique se doit d'occuper une place prépondérante. C'est pourquoi les six parties de « Rituals » sont suivies de quatre morceaux du répertoire de Potter, réarrangés par McNeely pour le grand orchestre. « Dawn » et « Wine Dark Sea » sont extraits de son album « The Sirens » (ECM 2013), « The Wheel » de « Underground » (Sunnyside 2006) et « Okinawa » de l'album live « This Will Be » (Storyville 2001). Les musiciens du hr Big Band, tels que Steffen Weber, Tony Lakatos, Heinz-Dieter Sauerborn et Axel Schlosser, y ont également l'occasion de se produire en solistes. Ils démontrent une fois de plus la réussite de la collaboration avec la star américaine du jazz et les atouts du hr Big Band. « Grâce à nos échanges quotidiens, nous avons un son d'ensemble très riche et nous y attachons une grande importance », a souligné Olaf Stotzler. « La force du hr Big Band réside dans la grande variété d'instruments à vent que nous pouvons jouer en doublage au sein de la section de saxophones. Nous y intégrons de nombreux instruments à vent qu'on ne trouve généralement pas dans un big band. Ce sont précisément ces sonorités orchestrales dont Jim McNeely a besoin pour sa musique. Nous sommes toujours prêts à expérimenter, et les musiciens sont ravis de pouvoir le faire. » L'album « Rituals » illustre parfaitement le fait que le plaisir de l'expérimentation peut s'accompagner d'une clarté sonore à la fois ludique et impressionnante.
Pays d'Origine : INCONNU
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