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La mort - source de réflexion, de lucidité aveuglante ou de terreur - est devenue une idée fixe dans l'oeuvre de Willem Jeths (né à Amersfoort en 1959). Progressivement, la mort, en tant que topos, s'est muée en question philosophique, trouvant peut-être sa pleine expression dans le Requiem, la Première Symphonie (CC 72693) servant de tremplin. On perçoit ici un lien avec un processus de prise de conscience croissante, dont Jeths a exploré les sonorités dans son deuxième concerto pour violon. Il affirmait : « La mort n'est pas la fin ultime, mais plutôt une transition vers une autre phase. » Cette idée est développée dans le Requiem sous la forme d'un voyage musical vers l'au-delà, puisant réconfort dans la beauté et le deuil solennel. Jeths reconnaît n'avoir ressenti aucun besoin d'expérimentations formelles, qui, en l'occurrence, auraient rompu avec la soumission voulue à son thème. Un quatuor complet de solistes n'était pas nécessaire ; deux suffisaient. L'orchestration, avec des vents et des cuivres en double, est relativement sobre, bien que la prédilection de Jeths pour les sonorités exotiques soit manifeste dans l'utilisation de la flûte à bec soprano, de la harpe, de l'orgue et d'une vaste gamme d'instruments de percussion, dont le glockenspiel, le vibraphone et le xylophone. Cette fois, cependant, ils servent un dessein plus noble : la mélodie. « C'est mon oeuvre la plus mélodieuse », affirme le compositeur. Le Requiem doit venir du coeur, et le coeur chante.