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On a pu parler d'un « retour » de l'État dans l'économie à la faveur de la crise économique déclenchée en 2008. Comme si l'économie, et la finance en particulier, avaient été, auparavant, laissées à elles-mêmes et que la puissance publique n'y intervenait pas. Non seulement cette présentation des choses n'est pas conforme à la réalité, mais en plus, cette soi-disant réhabilitation de la puissance publique mérite un examen critique. Certes, la crise invite à retrouver un équilibre entre État et marché, entre l'initiative individuelle et de bonnes réglementations. Mais il faut aussi avoir à l'esprit que l'État ne saurait croître indéfiniment sans danger pour les libertés. Car, comme l'a écrit Raymond Aron : « Plus grande est la surface de la société couverte par l'État, moins celui-ci a des chances d'être démocratique. »