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Publié à Vienne en 1933 par Éric Voegelin (1901-1985), alors jeune privat-dozent en politique et sociologie, Race et État, fut assez rapidement retiré de la vente par son éditeur. En effet, mettant à profit les connaissances en génétique de l'auteur, la première partie propose une analyse critique minutieuse des « théories » prétendument scientifiques de la race, alors en vigueur. Utilisant les thèses de Scheler, d'Aristote, de Descartes, ainsi que l'anthropologie du jeune Fichte, Éric Voegelin les replace dans le cadre d'une anthropologie philosophique des relations entre le corps, l'esprit et l'âme. De même que l'État tribal ou le royaume du Christ, l'idée moderne de race fait partie de la réalité politique et propose une image symbolique de la communauté, dont l'idée de millénarisme est une composante-clé. Éric Voegelin analyse donc dans la seconde partie le « mythe » de la race nordique tel qu'il a été élaboré à partir du milieu du XIXe siècle par G. Klemm, A. de Gobineau et A. Rosenberg en forgeant sa contre-image : celle de l'« anti-race » juive. L'écho tout particulier qu'à trouvé cette idée en Allemagne, s'expliquerait en définitive par un sentiment d'infériorité des Allemands à l'égard des juifs, représentants de la race « élue ».