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Adalbert Gyrowetz compte parmi les compositeurs dont Ludwig Fischer dit dans Haydn und seine Zeit : « Ils nous apparaîtraient aujourd'hui comme les plus grands compositeurs de l'époque s'ils n'avaient eu le malheur d'être contemporains de Haydn et de Mozart. » Dans ses premières oeuvres, Gyrowetz adhère davantage au style de Pleyel et du jeune Haydn, mais au tournant du siècle, il développe une nette préférence pour le langage musical romantique, clairement perceptible dans les quatuors ici enregistrés. L'esprit de Schubert, comme souvent dans les dernières oeuvres de Mozart et de Haydn, semble planer dans l'air. Dans la conception des quatuors à cordes présentés ici, Gyrowetz préfigure son engagement ultérieur pour l'opéra et l'oratorio. Il s'éloigne du style instrumental classique, trop rigide, pour promouvoir une conception de la musica plus dramatique et offrant une plus grande liberté. Mozart interpréta une symphonie du jeune Gyrowetz en 1785 lors d'un de ses concerts d'abonnement à la Saal zur Mehlgrube, et Beethoven assistait régulièrement aux représentations de son opéra Die Prüfung. Meyerbeer soutint Gyrowetz dans sa vieillesse, et Chopin y fit ses débuts avec l'un de ses concertos pour piano. Le Quatuor Pleyel de Cologne est réputé pour exhumer des oeuvres oubliées ou injustement décriées et leur redonner toute leur splendeur d'antan. Cet enregistrement témoigne également des bienfaits que procure l'exploration d'un répertoire hors des sentiers battus. On y découvre l'audace d'un compositeur qui élargit la tonalité en intégrant des tierces.