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Claire Guilbert fut proche de Brancusi dès le milieu des années 30 grâce au couple Arensberg, collectionneurs américains rencontrés en Californie. Dans l'immédiat après-guerre, elle conduit divers Américains chez Brancusi qui pourtant alors déclarait ne plus vouloir recevoir personne. Peu après la mort du sculpteur elle livre en 1957 ses souvenirs dans un article de revue jamais à ce jour réédité dans sa totalité. Le voici, suivi de divers autres témoignages (traduits de l'anglais) de diverses personnes ayant rendu visite à Brancusi des années 30 aux années 50.« La petite table ronde tourne doucement. L'espèce de cygne de cuivre, reflété dans le disque métallique, tourne, tourne lentement et devient hallucination : c'est la Beauté qui glisse. Brancusi, d'un geste, me montre un oiseau qui s'est perche' sur la verrière, dans le ciel rose du couchant ; puis, le crépuscule vient qui, soulignant les ombres, fait chanter les pierres, marbres, métaux de ces immenses masses qui ont toutes quelque chose d'ailé. Silencieusement, nous contemplons et j'entends Brancusi murmurer : 'C'est un poème sans fin'. »