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Cet ouvrage porte sur le Cameroun, qui à bien des égards résume la situation d'«une démocratie bloquée» en Afrique. L'objectif principal est de répondre à la question : comment le fonctionnement de la démocratie est-il entravé au Cameroun ? Notre hypothèse est la présence du néo-patrimonialisme. Celui-ci, par l'intermédiaire du présidentialisme et le clientélisme, sape le respect des règles démocratiques dans ce pays. Cette recherche qui s'appuie sur l'approche néo-institutionnaliste montre clairement que le néo-patrimonialisme est une composante de la gouvernance au Cameroun. Le président Paul Biya a instauré un régime hyperprésidentialisé, archaïque, autoritaire et néo-patrimonial. Il use de tous les moyens pour se maintenir éternellement au pouvoir. Le clientélisme est érigé en mode de régulation de la vie politique. Les pouvoirs législatifs et judiciaires sont aphones, aux ordres, phagocytés et constituent des bras séculiers d'un régime pro-diluvien. La presse est muselée et l'opposition officielle marginalisée. Si la contagion du printemps arabe peut difficilement se produire au Cameroun malgré la situation crisogène, un scénario à «l'ivoirienne» est à craindre.