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" Les Moulins à nuages s'achevait avec la mort de mon grand-père Planou, en 1942. Dans Les Oranges de la mer, je laissais la parole à ma grand-mère paternelle, Caroline, jusqu'au jour de ma naissance, en 1928.Avec Patates amères, je remonte aux premières années passées dans Coursan, près de Narbonne. De mon lieu de naissance, Saint-Gilles-du-Gard, je ne conserve que quelques images floues, alors que de notre arrivée dans l'Aude, en 1931, me restent des scènes précises.Les vies de Planou et de Caroline leur appartenaient en toute propriété et je les ai reconstituées à l'aide de documents, d'objets quotidiens et de témoignages. J'ai essayé de les faire revivre tels qu'ils étaient, et surtout tels qu'ils pensaient être. Ici, dans ces Patates amères, je peux plonger dans ma propre mémoire et tâcher de comprendre qui étaient réellement mes aïeux, comprendre surtout comment, nés l'un de ce Planou et l'autre de cette Caroline, mes parents ne sont jamais parvenus à une certaine harmonie. Qu'est-ce qui les empêcha d'être heureux, sereins ? Leur rencontre à la fin de la Grande Guerre ne fut-elle que le début d'un long et pitoyable gâchis ? Exilés, par nécessité vitale, loin de leur communauté villageoise, ils furent peut-être parmi les victimes de cette génération sacrifiée à une modernité poussive ".Georges J. ARNAUD