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« Le jeune Bigot a pris la main de Quentin. C'est une main calme et chaude. Il y a cherché toutes les longueurs et toutes les largeurs, il ne veut plus faire des images. Il veut peindre. Il ne sait pas prier. Il sait regarder.Il croit que le monde est plus petit avec des centimètres et des mesures.Il croit que la peinture, elle, agrandit le monde. Il dit qu'elle est plus grande que le ciel.Et quand il peindra le jeune homme qui crie, un tableau dont il est fier, il voudra que l'on s'en rende compte, que l'on ne puisse plus rien compter en centimètres. Il mettra de la lumière à l'intérieur des mains, une main ouverte et l'autre fermée, le visage qui se tourne de l'autre côté. Il ne dégradera pas les tons sur la joue pour trouver le naturel, une belle expression qui fait songer. Il la flanquera d'une lumière crue, un éclairage violent qui lui mange la barbe et lui descend jusqu'au cou.Il ne veut plus compter en centimètres et en mesures. Il veut ouvrir les yeux. Il croit que les images ne cachent rien, qu'elles se montrent.C'est tout ce qu'elles font. Il pense qu'à l'intérieur de la peinture, il y a le monde entier, le noir, les longueurs, les largeurs, la chaleur des mains, les yeux ouverts. Et le cri qui peut aller plus loin parce qu'il n'a pas de bords. »