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L'histoire de l'Orchestre symphonique de Prague est intimement liée à celle de la capitale tchèque, ce qui se ressent dans son répertoire. Après le succès de leur enregistrement de « Music for Prague 1968 » de Karel Husa (Supraphon, 2021), l'orchestre et son chef d'orchestre présentent un nouvel album dédié à Prague. Cette fois, le programme se concentre sur la fin du XIXe siècle, période durant laquelle la nation tchèque a lutté pour sa langue, sa culture et son identité au sein de l'Empire austro-hongrois. L'oeuvre phare de l'album est le poème symphonique monumental de Suk, « Praga », basé sur le choral hussite « Ktoz jsú Bozi bojovnici » (Vous qui êtes les guerriers de Dieu) ; et « Vysehrad », extrait du célèbre cycle de Smetana, « Ma vlast » (Ma patrie). Et une rareté : Pohadka o Semiku (Le Conte de Semik), un poème symphonique largement méconnu, inspiré d'une ancienne légende tchèque liée à Vysehrad, composé par Otakar Ostrcil à l'âge de dix-neuf ans. Et bien sûr, il y a Antonin Dvorak. Rares sont ses oeuvres aussi explicitement patriotiques que son ouverture Ma Maison (elle aussi peu connue). Elle est basée sur le thème de la chanson populaire « Kde domov muj », qui devint plus tard l'hymne national tchèque. Autre rareté de cet album : la fanfare de Dvorak pour l'ouverture de l'Exposition du Jubilé national à Prague. Après leur enregistrement remarqué des Danses slaves du compositeur, l'Orchestre symphonique de Prague confirme que le répertoire tchèque du romantisme tardif est sa langue maternelle.