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Melle revient précipitamment de vacances après avoir appris la mort de Shraga, son mari, dont elle s'inquiétait de ne plus avoir de nouvelles. Elle s'isole à leur domicile, sans leurs enfants. Elle vit le trépas de Shraga en contemplant les images vidéo de ses derniers instants, captés par la caméra de la buanderie de leur maison, où il agonise.Le deuil en temps réel, extralucide et sans flash back.Ce roman montre l'instant du choc et son étirement : le heurt avant la douleur, avant la passion, avant le souvenir - le tout augmenté par une vidéo de surveillance dont la fonction devient un témoignage glacial. Les personnages du récit sont par conséquent des silhouettes sans chair, qui traversent le présent d'une femme brutalement confrontée au deuil. C'est aussi un exercice de style : la narratrice évoque son mari en s'abstenant de tout flash-back. Et pourtant, la drôlerie rôde...