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«Ce petit livre mal fagoté que le libraire Pélicier affiche, le 8 juin 1822, en sa boutique de la place du Palais-Royal, et qui s'intitule Odes et Poésies diverses, est le premier livre qu'ait publié Victor Hugo. Il a vingt ans et, déjà, il a beaucoup écrit ; ses poèmes lui ont valu des prix et des distinctions à l'Académie française et à l'Académie des Jeux floraux ; avec ses frères, mais en prenant pour lui la part la plus grande, il a assuré, quinze mois durant, la rédaction et la publication d'une revue, Le Conservateur littéraire ; il n'est plus tout à fait un inconnu et ne passe pas pour le moindre de ces poètes qui, dans le sillage de Chateaubriand, chantent et défendent le Trône et l'Autel. [...] La préface affirme que la poésie n'est pas dans la forme des idées, mais dans les idées elles-mêmes. La forme ne rompt point, en effet, avec les règles post-classiques ; quant aux idées elles sont celles de tous les écrivains royalistes du temps ; mais elles sont sérieuses, graves, elles obligent le poète à se faire de la poésie l'idée la plus haute. Il accueille et rapporte la Vision du siècle révolutionnaire jugé et condamné par l'Éternel, dans les espaces infinis ; il maudit Buonaparte et explique les fléaux de l'histoire par la volonté divine qui châtie et redresse ; bref, cette poésie politique, si bornée, si dépassée dans sa prise de position, débouche sur une vision épique et métaphysique de l'Histoire...» Pierre Albouy.