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Ce travail examine les rapports entretenus pendant la deuxième moitié du XIXème siècle entre la médecine, l'histoire et la littérature au sujet de l'émergence et du développement des maladies nerveuses. Si Flaubert, Baudelaire, les frères Goncourt, Zola, Huysmans ou Michelet ont puisé dans les traités médicaux des traits et tares suffisamment morbides pour façonner leurs protagonistes névrosés, la réciproque est aussi vraie. Ainsi, de nombreux médecins se sont intéressés à leurs personnages romanesques qui exhibaient, selon eux, des déboires nerveux caractéristiques. L'objectif de ces écrivains et de ces médecins semblait être le même que celui des politiciens de l'époque: l'éradication des maladies nerveuses via leurs représentations grotesques. Leurs écrits préconisent tous, plus ou moins explicitement, le retour au foyer de la femme, à fortiori de l'ouvrière, et la prohibition de lectures néfastes pour sa sensibilité et son imagination. À partir de 1880, Charcot et ses confrères adeptes de médecine rétrospective vont surtout dénoncer l'influence néfaste de la religion sur l'émergence des maladies nerveuses, mais leur propagande anticléricale accomplira exactement l'inverse...