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On croit souvent que le monochrome est une fin : la disparition de la figure, le silence de la couleur, le degré zéro de la peinture.Et si, au contraire, il en était le commencement ?De l'or des icônes byzantines aux noirs de Soulages, du rire des Arts incohérents au Carré de Malevitch, du bleu de Klein aux silences américains de Rothko et Reinhardt, cet essai retrace une autre histoire de la peinture : celle où la couleur cesse de représenter pour devenir lieu, présence, expérience.Le monochrome n'y apparaît ni comme une abstraction ni comme une négation du monde, mais comme sa condensation extrême. Une seule couleur suffit parfois à contenir l'espace, le temps et le regard. Ce qui semblait vide devient habitable. Ce qui semblait muet se met à parler autrement.À la croisée de l'histoire de l'art, de la philosophie et de l'expérience sensible, Monochromes interroge ce qu'il reste quand il ne reste plus rien à montrer - et révèle que l'art ne disparaît jamais : il change de seuil.Car l'art n'est peut-être pas ce que l'on regarde,mais l'espace où l'on demeure.