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Témoin d'une histoire tumultueuse qui commence sous le règne de Louis XV et s'achève dix ans après la chute de l'Empire, Mme de Genlis évoque avec bonheur les moeurs et les rêves de la société aristocratique, à la veille de la Révolution. Issue d'une famille noble déclassée, elle s'est toujours jouée des contraintes et des convenances pour vivre à sa guise. En 1763, son mariage romanesque avec le comte de Genlis lui ouvre les portes de la Cour. Bientôt maîtresse du duc d'Orléans (futur Philippe Égalité), elle devient le « gouverneur » de ses enfants sur lesquels elle exerce un véritable magistère, appliquant avec eux des méthodes d'éducation révolutionnaires. Dans son salon de la rue de Bellechasse à Paris, elle reçoit les écrivains les plus célèbres de son temps et la plupart des ténors de l'opposition à la monarchie absolue. Mal vue par les royalistes, mais menacée par les « patriotes », elle juge plus prudent d'émigrer en 1792. Après cinq ans d'exil, elle revient dans un Paris bien différent de celui qu'elle a connu. Contrainte d'écrire pour survivre, elle publie quantité de romans et s'attaque à la rédaction de ses Mémoires. Elle y brosse un tableau extrêmement vivant de la société d'Ancien Régime.Nostalgique d'une époque révolue dont elle analyse avec une rare finesse les rituels mondains, elle apparaît également comme une pionnière du féminisme.