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Journal français de psychiatrie Tome 41 : malaise dans la représentation ?

Journal Francais De Psychiatrie (Auteur principal)

Livre | Format : Livre | Editeur : Erès | Date de parution : 21/05/2015

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Résumé

Deux numéros du jfp déjà, à leur façon, interrogeaient les déplacements et les mouvements propres à nos représentations contemporaines et à leurs incidences cliniques. « Pouvons-nous encore accepter qu'un corps soit avant tout fait de lettres, de mots et de métaphores ? » se demandait Jean-Jacques Tyszler dans son éditorial du numéro consacré au corps et ses marques qu'il concluait en ses termes : « Qui êtes-vous, corps, pour dire à Dieu ce qu'il doit faire ? » Dans le numéro 33, consacré à l'anorexie, j'évoquais une clinique de la présentation où la récusation du registre phallique, sexué, dérobe au corps sa forme illuminée et glorieuse.Mais qu'entend-on par présentation ? Sommes-nous si sûrs de ce que recouvre le terme de représentation ?Sans doute, en évoquant cette question à propos du plastinacien Gunter Von Hagens, Charles Melman nous a incités à la repérer dans une sorte de mise en parallèle entre clinique et scène artistique. « Nous appartenions jusqu'ici à une culture fondée sur la représentation, dit-il dans L'homme sans gravité?[1], c'est-à-dire sur une évocation du lieu où se tenait l'instance sexuelle susceptible d'autoriser les échanges. Nous sommes passés de la représentation qui nous est familière, coutumière du rapport au sexe, à sa présentation, il s'agit maintenant de rechercher l'authentique, d'aller à l'objet lui même. » Dans le numéro 24 du jfp, Roland Chemama s'est, avec beaucoup de délicatesse, attelé à cette tâche d'interroger ce que l'art contemporain dit de ce qui est en jeu dans notre civilisation, dans notre rapport au corps. Que l'art soit exploration des limites, dit-il, n'indique pas pour autant la réduction du corps ou de ses parties en objets insécables. « Un même sujet, conclut-il, peut à la fois tenter de franchir, dans le silence de la jouissance, certaines limites corporelles et éprouver, de cela même, un certain malaise dont il souhaitera parler. C'est cela qui permet de maintenir au moins la possibilité de l'analyse. » Finalement, le Journal français de psychiatrie ne poursuit-il pas inlassablement les questions laissées en dépôt par les photographies de Marie Baronnet publiées dans son premier numéro ? Ce sont ces mêmes questions que reprenait Claire Brunet dans ce numéro 24 interrogeant dans la production contemporaine la double proposition de Charles Melman concernant le travail commun de l'art et de la psychanalyse : « faire vaciller la limite entre Symbolique et Réel » ; « assurer une représentation de ce qui ne peut se dire ou circonscrire du réel ».Il s'agit là au fond d'une position plus classique, penser l'art comme tentative de saisir un insu toujours fuyant mais toujours décevant en quelque sorte, décevant parce qu'y échappe toujours la saisie de l'objet dont l'approche ne se réalise que par substitution, en tant que voilée.Comment donc penser cette question qui, reprenant le propos d'Esther Tellermann, ne semble pouvoir se réduire à la simple opposition entre la promotion d'une hypervisibilité privilégiant la crudité de l'objet et la permanence du travail de la représentation, celui de l'énigme et de la signifiance ?Y a-t-il un au-delà au choc des images ou au décharnement anorexique. ? Nous penserons là à ce très beau texte de Daniel Arasse à propos de la série de photographies d'Andres Serrano à la morgue de New York.« Le rendre présentable » est ce que Lacan évoquait en 1984 lors d'une conférence chez le Professeur Deniker : « J'ai été amené progressivement à une présentation de l'inconscient qui est de l'ordre, d'un ordre mathématique. Ça n'est qu'une présentation. » Il insistait à dire que le mot « présentation » était tout à fait essentiel. N'est-ce pas par l'apport des mathématiques que le Quattrocento aura inventé la perspective et notre mode de représentation commun ? N'est-ce pas aussi par l'apport des mathématiques mettant à notre disposition un outillage perceptif de plus en plus puissant que notre regard se modifie ?

Détails

Plus d’information
EAN 9782749242002
ISBN 2749242002
Contributeurs Journal Francais De Psychiatrie (Auteur principal)
Format Livre
Nombre de pages 96
Éditeur Erès
Collection JOURNAL FRANCAIS DE PSYCHIATRIE
Largeur 17 cm
Longueur 24 cm
Épaisseur 9 mm
Poids 0.184 kg
Impression à la demande Non
Saga Journal français de psychiatrie
Catégories Livres, Spécialités médicales, Psychanalyse, Revues de psychanalyse

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