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Si on parlait de ce recueil de nouvelles comme d'une personne, sans contredit elle serait une femme, portant sur ses épaules une tribu d'exilés du rêve qui s'enfuient avec une sphère dans les mains. Peut-être une boule de cristal que leurs paumes caressent et cachent comme le feraient des paupières pour les protéger des frissons et du feu de leur destin. Mais ces égarés n'échapperont pas aux mots de Cristina Montescu, elle les fera s'engouffrer tous nus dans des labyrinthes de plaisirs malsains. Il y aura bien des rencontres, des inclinaisons épidermiques, une quête de « je t'aime » que l'on consomme boulimiquement même s'ils sonnent faux, et l'espoir que procure le droit de choisir entre tous les livres comme l'on joue à cache-cache avec soi-même et son éternité.Ces hommes et ces femmes sont à bout de souffle bien que leur innocence soit bénie, mais il y a des rôdeurs autour d'eux qui les condamnent au mal-être ; ils voudraient bien désobéir, mais il y a le châtiment du vide, de la solitude qui consume toute l'enfance qui espérait encore, tapie dans un placard. Un geste pourtant demeure en leitmotiv : « jeter ». Jeter l'alliance dans la cuvette, jeter ses souliers à talons hauts dans l'escalier du musée, jeter le chat par la fenêtre, se jeter sous le métro. Moins abandon que prémices à une fêlure, une cassure dans le moi des personnages principaux, l'émotion à fleur de peau tourne mal ; on est toute colère dehors, toute rage que rien ni personne ne pourra apaiser. Ma maman était usagée est un cri de chair et de sang, un appel au secours qui ne peut laisser le lecteur indifférent. Au contraire, ce livre le met face à un clic qui déclenche toutes les folies... les perverses surtout, en attendant avec espoir, les plus douces.