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Après « Chronique d'un Barbare » et « Khephren » Marie-Odile Goudet signe son troisième roman, « La flottaison ». Elle nous revient avec Judith, l'héroïne, qui elle part, quitte tout à la mort de son mari, Harry. Elle se raconte, enfant en Lorraine, puis là sans Harry, sans famille, en Guadeloupe où elle a échoué comme en exil. Elle a tout délaissé, ses propres enfants, ses frères et soeurs emportant sa douleur. Amarrée à l'amitié d'Eudoxie, Judith est déracinée des Vosges de son enfance dont elle est encore toute rosie. Elle surnage, douloureuse mais bien vivante, obligatoirement vivante, trouvant comme il se doit sa ligne de flottaison... qui la ramènera aux siens. Et le lecteur, lui, pendant ce temps-là d'être enchanté par Judith, ravi par Marie-Odile qui capture littéralement. Un doux piège que ce roman aux allures des plus grands. Les alizés se sont levés ce soir, légèrement, juste ce qu'il faut pour écarter quelques uns des nuages alourdis de chaleur et ajouter un curieux friselis au ressac. On dirait que la mer a mis ses bigoudis. Je m'appelle Judith. C'est le nom qui m'a été donné à mon baptême. Mon baptême...Ma première immersion après l'amnios, mon premier contact avec l'amertume du sel de la terre, rude contraste avec la saveur douceâtre du mamelon maternel. Longtemps, je n'ai pas aimé mon nom. D'abord, chez les filles de mon âge, dans la très catholique Lorraine on portait d'ordinaire un prénom composé avec celui de la mère du Christ, le mien me différenciait des autres. En outre, je n'ai jamais eu d'affinités particulières avec les héroïnes de l'Ancien Testament, surtout pas avec cette garce capable de couper la tête de l'homme qu'elle venait de séduire.