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Le Liban est fille de la mer. Les précieuses archives d'Ugarit nous content une histoire terrible, où l'Univers entier est livré à la violence des dieux. Elles nous apprennent que Yam, le dieu de la mer, et Baal, « prince de la terre et chevaucheur des nuées », se vouaient une haine inextinguible. Yam fut tué, et avec lui fut anéanti l'antique pouvoir des abysses. Pourtant, les Phéniciens continueront d'entretenir un rapport intime avec celle qui demeurera leur meilleure alliée. Le Liban est fille de la montagne. Vainqueur de Yam, Baal régna seul alors sur les dieux. Les Phéniciens vouèrent un culte passionné à Baal, « dieu de la foudre et des hauteurs », lui consacrant de nombreux sanctuaires, notamment à Baalbek. Le Liban est fille de la terre. Les plus anciennes traditions orientales associent Baal et Alyan, dieu des sources et des fleuves. Et c'est bien de la montagne que la terre libanaise tient sa plus grande richesse : l'eau. Un bienfait quipermit aux Phéniciens de tirer leur subsistance du maigre espace agricole que la Nature leur avait alloué. Puis le Liban est devenu femme. Puissante, généreuse, passionnée ; riche d'une civilisation pacifique et industrieuse. Mais aussi objet de convoitise, lorsque les grands empires d'Orient, puis d'Occident, ont entrepris de la soumettre, par la force et par le feu. Jamais pourtant elle ne devint leur esclave, et parvint même, au contraire, à les fondre en son sein. Le Liban est devenu mère, enfin. D'un pays et d'un peuple porteurs d'une idée généreuse et d'un message de paix. Après les dieux, la montagne et la mer, le Liban est devenu aujourd'hui fille de l'espoir.