Jeunesse et vieillesse, amour et abandon, joie et souffrance, souvenir et oubli. Entre ces rives de lexistence, des êtres se croisent, se cherchent, parfois se rapprochent, parfois se perdent, découvrant toujours, au bout du compte, ce quils savaient confusément mais nosaient se dire : quils ont besoin à la fois de saimer et de se fuir pour que la vie, en eux, continue de palpiter encore, et que le temps qui les emporte ne leur soit pas trop inhospitalier. Marcel a soixante-neuf ans. Il a tout connu de lamour et se sait parvenu au-delà de toute aventure. Pourtant, il retrouve Marie-Ange, lamie dautrefois, qui laccueille en ami. Près deux, Marin, le fils de Marcel autrefois délaissé, a du mal à trouver sa place dans le monde. Entre ces trois êtres va se tisser une étrange conversation, à travers laquelle il ne sagit pas tant de tout se dire que de retrouver, pour chacun, le chemin de sa propre vérité, qui est aussi le chemin de la compassion et de lacceptation de lautre. Jusquà lultime réunion, jusquà lultime séparation. On aura reconnu, dans cette thématique, lunivers si particulier de Gilles Archambault, qui explore de nouveau ici, avec un art parfaitement maîtrisé, ces zones incertaines de la conscience où lindividu, placé face à soi-même et aux êtres qui lentourent, aperçoit peu à peu, comme à travers une lumière mêlée de brouillard, la matière à la fois irremplaçable et infiniment fragile de ce quil est, avec, en filigrane, toujours, le sentiment de léchec inexorable qui le guette. Tendresse et ironie, espérance et regret, temps qui passe et temps qui a passé, telles sont les rives entre lesquelles il erre, entre lesquelles nous errons tous.
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