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Pour résumer exactement l'essai qu'Edith Thomas consacre aujourd'hui aux femmes de la Commune, on ne saurait mieux faire que de se reporter à certains passages de sa brillante introduction : «Le terme de pétroleuse, dit-elle notamment, fut inventé en 1871 pour dénommer les femmes qu'on accusait d'avoir incendié Paris.» Mais elle le conçoit dans un sens beaucoup plus large : il s'agira donc ici de toutes les femmes qui, de près ou de loin, ont été mêlées au mouvement révolutionnaire de 1871. «Je ne crois pas non plus, ajoute-t-elle, qu'un historien puisse parler de choses dont il n'a pas fait lui-même l'expérience, comprendre des faits qui lui sont totalement étrangers. Sans doute faut-il se méfier, en histoire, des analogies. Rien ne s'y répète jamais exactement. Mais ce qui me permet peut-être de comprendre les femmes de la Commune, c'est d'avoir participé dans la Résistance au Comité directeur de l'Union des Femmes Françaises, d'avoir rédigé leurs tracts, d'avoir préparé avec elles les manifestations des femmes contre le gouvernement de Vichy et l'occupant nazi. Les barricades de 1944 répondent aux barricades de 1871. Mais si l'historien a le droit d'être passionné et d'être, en tant qu'homme, en tant que femme, engagé dans son temps, cette passion ne doit en aucun cas l'autoriser à passer sous silence les documents gênants, ni lui masquer la vérité qui, comme Janus, a toujours deux visages.» Cette vérité la chartiste qu'est Édith Thomas nous la livre avec une rare exigence intellectuelle, une générosité constante et le sens concret de l'histoire.