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Deux volumineuses malles de métal dormaient depuis plus d'un siècle et demi à l'étage des anciennes écuries de la maison de famille des Dufournel à Gray, en Haute-Saône. Rapatriées de Rome en 1867, après la mort, à quinze jours d'intervalle, d'Adéodat Dufournel et de son frère Emmanuel, officiers des Zouaves pontificaux, elles contenaient leurs uniformes, leurs décorations, leur livret militaire, de nombreuses lettres et photographies originales, mais aussi un reliquaire renfermant les restes de la balle qui a provoqué la mort d'Adéodat après six jours d'agonie, ainsi que des morceaux de chemises tâchées de sang séché appartenant à Emmanuel après que son corps a été percé de quatorze coups de baïonnettes par les Chemises Rouges de Garibaldi. Au fond de l'une des malles, en vrac, parmi une multitude d'autres objets, six carnets reliés de cuir attendaient d'être ouverts. Inconnus jusque-là, les carnets d'Adéodat Dufournel ont été découverts par son arrière-petit-neveu. Ils retracent le quotidien du jeune soldat du pape au service de Pie IX pour lequel il s'est engagé afin de défendre ses États menacés par Victor Emmanuel II de Savoie, roi de Sardaigne puis d'Italie, qui entend unifier la péninsule et faire de Rome la nouvelle capitale de son royaume. Témoignage de première main, ces carnets, publiés ici pour la première fois, offrent un éclairage nouveau et viennent enrichir de manière originale la bibliographie des Zouaves pontificaux.