Dans les années cinquante, Arnold Sundstrom, architecte réputé et pilier du pouvoir communiste en place, travaille à la construction d'une avenue prestigieuse dans une ville de RDA. Un jour revient d'un camp sibérien son ami et collègue, Daniel Tieck. Sundstrom lui offre un poste et l'hospitalité. Peu à peu, la présence de Tieck, ses conceptions de l'architecture et du socialisme, à l'opposé de celles de Sundstrom, ouvrent les yeux de Julia sur la véritable personnalité de son mari. Car Julia est la fille d'amis de Sundstrom : Babette et Julian Goltz, communistes allemands exilés en URSS après 1933, puis dénoncés, arrêtés, et morts, elle en prison, lui sous les balles staliniennes.Les Architectes est un roman dense, d'une forte tension narrative. Comme Julia, on veut connaître la vérité sur la mort de ses parents. Pourquoi ont-ils été arrêtés ? Étaient-ils vraiment coupables ou quelqu'un les a-t-il trahis ? L'enquête de Julia et de Tieck prend des allures de roman noir. De roman sentimental, aussi ; les questions que se pose Julia minent les relations d'un couple présenté, au début, comme idéal. Un jeune architecte épris de Julia décide de profiter de la situation... Enfin de roman politique : l'action se passe au moment de la déstalinisation en URSS, qui n'a pas encore atteint la RDA. On assiste à un tournant passionnant de l'histoire. Au destin d'un homme, aussi, Arnold Sundstrom, dont la gloire, la chute et la nouvelle ascension rythment le livre.Helmut Fliegl, né en 1913, quitte l'Allemagne nazie dès 1933 pour Prague - où il prend le pseudonyme de Stefan Heym. Puis il émigre aux États-Unis, publie son premier roman (1942), en anglais, et participe au débarquement en Normandie avec l'armée américaine. Il quittera les États-Unis au moment du maccarthysme et de la guerre de Corée pour Prague, puis Berlin-Est, où il s'installe avec sa femme en 1952.Le régime s'accommode de Stefan Heym, " marxiste critique ", jusqu'au roman 5 Tage im Juni (" Cinq jours en juin ", 1974) qui sort en Allemagne de l'Ouest où seront désormais publiés ses livres. Exclu de l'Union des écrivains, son audience en RDA ne cesse néanmoins de croître. Jouant un rôle politique important, il continue de publier et d'intervenir dans le débat public jusqu'à sa mort, à Jérusalem, en décembre 2001.
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