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« Un récit palestinien original dans sa forme, où les voix s'entremêlent, faisant transparaître une seule voix, celle du Palestinien accroché à ses racines comme les arbres. » Somar Schéhadé, écrivain syrien.À travers l'histoire de la grand-mère, Nadia Al-Faour, le roman raconte en particulier l'histoire de la Palestine. Et bien que le récit soit situé à la fois à Istanbul et à Haïfa, entre Kadiköy et Wadi Al-Nisnas, c'est de la Palestine occupée qu'il s'agit, avec une exposition concise des différentes périodes de son histoire. Nadia est tuée par les occupants, dans une scène atroce, pour avoir caché un document : le titre de propriété de sa maison. Elle a donc continué à en être la propriétaire, même après sa mort. Le conflit autour de la maison est le symbole d'une lutte plus vaste, qui n'est que le combat pour la terre et la mémoire. Cependant, la scène de l'assassinat de Nadia résonne toujours dans la mémoire du petit-fils, et des voix diverses comme celle du grand-père, de la grand-mère et d'autres ainsi que celle du petit-fils, se relaient pour raconter l'histoire du drame. Le récit ne prend pas la forme d'une intrigue traditionnelle, mais il s'élabore au travers d'un long monologue, interrompu par de nombreux dialogues, notamment avec le soldat israélien. Car une partie de la trame reprend le récit de la détention du petit-fils. Et dans la rencontre de ce dernier avec le soldat israélien, s'exprime une polémique entre qui détient le droit et qui le pouvoir. Le langage du roman s'apparente à la dure réalité vécue par les personnages. Et le récit cherche à dépeindre la fragmentation psychologique dont souffre la personnalité palestinienne, épuisée par l'occupation, la spoliation de sa terre et les perturbations de l'identité entre la vie en exil et la vie sous occupation.