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Composées entre 1851 et 1853, les trois sonates pour violon et piano de Schumann apparaissent comme très caractéristiques de sa dernière manière, où se mêlent un élan romantique d'ascendance littéraire et un retour marqué à la forme contrapuntique héritée de Bach. Alliant harmonieusement une inspiration libre à quelques archaïsmes architecturaux, ces pages recèlent ainsi certaines des plus belles idées musicales laissées par le compositeur. Si les deux premières sonates de l'automne 1851 reçurent un excellent accueil, la dernière sonate, dite F.A.E. (« Frei aber einsam » : libre mais seul), fut jugée impubliable par la veuve du musicien qui en détruisit l'autographe. Fort heureusement, l'oeuvre put être reconstituée plus d'un siècle plus tard à partir de fragments retrouvés à Berlin et à Paris. Philippe Simon. Ayant passé une grande partie de mon existence dans des salles de spectacles, j'éprouve une certaine paresse à l'idée de me déplacer au concert ! Cependant entrainé par des amis il y a trois ans, j'ai fait l'effort de marcher 500 mètres pour en écouter un donné dans une collégiale voisine ; au programme, Pierre-Alain Volondat, une légende du piano, et au menu, les tableaux d'une exposition de Moussorsky , oeuvre avec laquelle j'avais vécu toute mon enfance entouré des plus prodigieuses versions discographiques ; jamais je n'avais entendu une exécution aussi chatoyante et le piano de Pierre-Alain, un quart de queue ! sonnait aussi riche que le plus large et le meilleur des orchestres symphoniques et sa palette de son était si colorée...