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Ce numéro, consacré à Leibniz et aux interprétations qu'il a reçues au sein de la phénoménologiehusserlienne, s'ouvre par la traduction et la présentation, dues à Marine Picon, d'un texte deLeibniz intitulé « De Mundo Praesenti ». Si le début du texte peut apparaître phénoménologique ence qu'il divise le domaine du pensable en deux sphères - celles du réel et de l'imaginaire - par uncritère immanent à l'appréhension de l'objet, l'ensemble relève plutôt de la question del'application de la notion métaphysique générale de substance au pla n spécifique de la corporéité :doit-on reconnaître des substances corporelles à côté des spirituelles, et comment s'en distinguentellesoe Cette reconnaissance d'une double substantialité n'aboutit-elle pas à un dualismeintenable ? Mise à l'épreuve d'un concept universel de l'étant par application à un secteurparticulier qui fait droit, avant la lettre, à l'exigence phénoménologique de fondation du catégorial.Les trois autres textes forment un ensemble consacré à la lecture husserlienne de Leibniz : lesdeux premiers, à sa réinterprétation de la mathesis universalis ; le dernier, à sa relecture de laposition métaphysique de la Monadologie.Dans « Husserl et le projet leibnizien d'une mathesis universalis », David Rabouin tente de cernerles traits d'une interprétation de la doctrine leibnizienne depuis l'idée de mathématique formelle quise cristallise notamment chez Husserl, et ce, pour en interroger la validité et la confronter à lamanière dont on peut aujourd'hui reconstituer la nature du projet leibnizien de mathesisuniversalis. Il tâche de préciser l'écart qui sépare ces deux interprétations, ainsi que les questionsphilosophiques qu'il soulève.Dans « Leibniz et la mathématique formelle », Vincent Gérard considère la co-appartenance deLeibniz et Husserl à l'horizon rationnel de la mathématique formelle. Commençant par quelquesremarques sur la réception husserlienne de Leibniz en complément des données déjà fournies parle père van Breda, il analyse ensuite les trois domaines qui composent pour Husserl lamathématique formelle - logique mathématique, Analyse mathématique et théorie desmultiplicités -, pour mettre en évidence la spécificité de la lecture husserlienne de Leibniz, etnotamment ce qui la distingue de celle de Couturat, située sur un terrain apparenté.Enfin, dans « Monadologie et phénoménologie », nous interrogeons la reprise par Husserl de laconceptualité et de principes de la Monadologie dans le cadre de la constitution de la subjectivité etde l'intersubjectivité transcendantales. Nous tentons d'élucider la motivation d'un tel recours auxconcepts leibniziens, ainsi que la manière dont Husserl les soumet à une triple purificationphénoménologique : par reconduction à la réflexion sur les conditions de l'accès à soi du sujet fini,à l'intuition eidétique de l'ego concret, et aux strates méthodiques de la constitution del'intersubjectivité. Ce faisant, c'est - sur la figure paradigmatique d'une telle révisionnéocartésienne, idéaliste et intuitionniste, de Leibniz - le rapport de Husserl à la traditionphilosophique qui est interrogé.Un numéro ultérieur analysera d'autres interprétations phénoménologiques de Leibniz (Mahnke,Heidegger).D. P.