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Lear. « J'écris des pièces sur la violence aussi naturellement que Jane Austen écrivait des romans sur les bonnes manières. » Bond, dès la première phrase de sa préface, annonce la couleur : une couleur sang, car elle fait loi dans notre société. Ne pas le dire serait « immoral ». Lear est une oeuvre noire. Elle dit l'illusion du pouvoir de l'homme sur le monde. Derrière Lear, souverain tyrannique trahi par ses filles, il y a l'aveugle mendiant et le prêcheur hanté par ses fantômes.La Mer. « Cette pièce occupe dans l'oeuvre d'Edward Bond une situation assez particulière et presque paradoxale. Conçue comme devant clore un premier cycle de six pièces, on vit plutôt lorsqu'elle parut, dans son registre élargi et varié, la marque d'un renouvellement et d'un progrès, voire la naissance d'un nouveau Bond plus complexe et plus humain. Accueillie avec une sorte d'heureuse surprise - on n'y retrouvait guère trace de la violence et du sensationnel qui avaient fait jusqu'alors la réputation de son auteur - elle le fut aussi avec perplexité, étant jugée déconcertante et même bizarre. Louangée pour le mélange de tons de certains épisodes - du burlesque au solennel, du bouffon au pathétique -, elle ne s'en vit pas moins reprocher d'être écartelée entre des composantes par trop disparates. Cette pièce, que Bond a qualifiée de comédie, paraissait en somme manquer d'unité. Diverse et multiple, La Mer est pourtant une production aussi parfaitement maîtrisée que toutes les autres du même auteur, aussi fortement marquée de cohérence. » (Georges Bas)