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La voix qui parle ici est, tour à tour, légère et grave, simple et complexe, lucide et rêveuse. Elle s'insinue en vous et vous prend sans crier gare. Elle est là, vous l'entendez. Elle dit d'abord la fusion des corps et des éléments, l'éblouissement du désir et la perte de soi (« Et j'ai tout oublié/ sauf ce désir qui rampait »). Elle dit qu'elle va raconter : « C'était juillet ». Le sillon des jours est ce récit... Avec ce « frêle rayon de joie », il s'agit bien ici de résister au malheur, à la mort, à la folie des hommes, de s'obstiner à planter dans le « sillon des jours » ces quelques graines d'espoir et de lumière qui font soudain luire l'existence, là-bas, comme sur une autre rive, et qu'on appelle des poèmes : De grands cyprès/ plantés comme des couteaux/ habillent la campagne/ De la neige sur la rive ?/ La rive.../ C'est au-delà de la fenêtre du train. Extrait de la préface de Jacques Ancet