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Les seize nouvelles de ce recueil se lisent comme seize chroniques sur la ville de Salonique. Yorgos Ioannou y plante le décor de ses histoires. Dans « Là-Haut à Eski Delik » l'accent est mis sur les remparts byzantins de la haute ville et les faubourgs aux consonances turques, où habitent les réfugiés d'Asie Mineure et de Thrace orientale. « Le Seul héritage », rédigé pendant la dictature des Colonels, montre ce que représente Thessalonique dans les années vingt pour des milliers de Grecs déracinés après le traité de Lausanne. C'est encore ce point de vue qui est évoqué dans « Les chiens de Seih Sou ». Dans « Les citrons coûtaient cher » est raconté un épisode de l'Occupation allemande. En vérité, c'est l'histoire de la Grèce contemporaine qui se lit à travers ces nouvelles. Par le biais de petits faits de la vie quotidienne, c'est tout un peuple qui surgit, une mémoire collective qui est transcrite.L'auteur. Yorgos Ioannou, né à Thessalonique en 1927 dans une famille de réfugiés de Thrace orientale, se nourrit de récits et de légendes évoquant les « patries perdues ». Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, il est un jeune garçon. Il ne profitera pas davantage de ses vingt ans dans les affres de la Guerre civile qui s'ensuit (1946-1949). Cette jeunesse meurtrie par la faim et les exactions porte en gestation les éléments majeurs de son oeuvre : culte du passé byzantin, complexité des rapports entre réfugiés de Thrace et d'Asie Mineure et Grecs autochtones, conscience d'une génération vaincue - la sienne -, obsession d'une mort subite et prématurée. D'ailleurs dans la nouvelle « Le seul héritage », il décrit la mort prématurée des hommes de sa famille. C'est un texte visionnaire puisque Yorgos Ioannou meurt le 16 février 1985 à l'âge de 57 ans, suite à une erreur médicale...