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Entendre Machiavel, c'est écouter l'un des esprits les plus étranges et les plus frappants du XVIe siècle italien. Italien? Certes, mais très vite universel. Par la quantité de commentaires que cette petite oeuvre a suscité, son auteur se place rapidement au-dessus des nations. C'est ce que, non sans emphase, on appelle un esprit universel. Non seulement dans son époque mais encore aujourd'hui puisque le "machiavélisme" est devenu une référence, un mot d'usage courant, une attitude presque. Michel Galabru lit "Le Prince" de Machiavel On passe de la noirceur la plus amère à une envie de rire incoercible. On ne peut même plus croire que cela a pu être écrit. C'est comme une ivresse des mots sur fond de vanité. Mais le drame, c'est qu'on ne sait plus qui fait assaut de vanité. Le Prince?... Machiavel?... Tel un agitateur, Galabru nous attrape et nous jette à la figure de l'un puis à la figure de l'autre, et nous reprend avec vigueur et nous renvoie on ne sait où. On roule, on tombe, on croit entrevoir des abîmes, on plonge, une main secourable nous attrape, mais c'est pour nous lancer ailleurs... et sans ménagement.