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C'est une terre sans forme contre laquelle pèse la mer. Où la marche des hommes se déroule dans le silence, dans l'espace changeant du perdant : des marées. Dans le ralenti du ciel tendu par la lenteur des pierres. Au milieu des pins les voix disparaissent, dans la mer qui monte et se retire chercher la place des corps pris dans leur absence de rive. Existence sans bords, ombres, errance floue ; juste avant la mort qui tombe, la rupture du vol, le bec de l'épervier. Comme une déchirure de la suspension de la marche, la mort plonge. Et c'est tout le paysage qui éclate, le grand ciel, la terre soudain un peu rouge, la mort qui vient ouvrir les ventres et les instants. Tout change de nom, mais l'eau simplement se pose sur les choses, sur la marche, les mots et le chemin qui se trace sous les pas. Hors du trajet, on reprend son souffle et son absence, dans les os qui craquent, face aux îles brouillées, l'horizon toujours nu, car le poème continue de croire que la mort hésite.