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La correspondance entre Mme Swetchine et dom Guéranger révèle avant tout l'histoire d'une amitié. On est en présence de deux êtres apparemment dissemblables : d'un côté, un jeune prêtre sarthois issu de milieu modeste, et de l'autre, une femme, russe d'origine, née dans une famille de la haute noblesse vivant à la cour de Catherine II, et convertie au catholicisme depuis 1815. Ce qui réunissait surtout ces deux âmes, c'était la foi, une foi ardente, virile et communicative, à travers bien de souffrances, de difficultés, de dénigrements rencontrés. La publication de cette correspondance rend justice à deux figures majeures du « réveil » catholique de la première moitié du XIXe siècle. L'ouvrage du P. Hala offre la double richesse de l'intégralité de ces échanges, accompagnés d'un appareil critique très solide qui rend toute sa présence historique aux acteurs de ce renouveau. Il ne faudrait pas réduire ces échanges entre un moine et une « femme du monde », à un simple croisement du sublime et du futile. Ces lettres livrent les deux faces d'une renaissance. La convertie et le refondateur mêlent leurs mots et leurs actes pour aboutir à rien de moins que restaurer la vie bénédictine en France. Cette fraternité spirituelle est une des ces grandes amitiés, qui font l'histoire du catholicisme.