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«Moreau, chevalier de l'humanité». Telle est l'épitaphe que le tsar Alexandre Ier fit graver sur la tombe où repose le vainqueur de Hohenlinden (1800) dans la crypte de l'église Sainte-Catherine des Français à Saint-Pétersbourg. Républicain libéral et patriote convaincu, Jean-Victor Moreau, ancien général en chef de l'armée du Rhin, n'a jamais trahi la France, contrairement à ce que s'efforcèrent d'accréditer Napoléon et les inconditionnels de sa gloire. Injustement exilé aux États-Unis après un procès inique, Moreau ne songea qu'à servir son pays et cela, jusqu'à son dernier souffle. Il obtint même du tsar Alexandre, dont il devint le conseiller militaire, l'engagement formel que la France conserverait, quoiqu'il arrive, ses frontières naturelles. Napoléon, le considérant comme un rival dangereux, beaucoup trop populaire et indépendant, puisqu'il refusait de cautionner son pouvoir personnel, le poursuivit sans cesse de sa vindicte. Il s'acharna même, au-delà de la mort de Moreau, intervenue à la bataille de Dresde en 1813, à ternir l'image de ce dernier et à persécuter sa famille. Frédéric Hulot, rétablissant la vérité historique, brosse ici le portrait d'un soldat d'exception n'éprouvant aucun goût pour l'intrigue, dénué de toute ambition politique. Disparu trop tôt, il n'est pas interdit de penser que le destin lui aurait réservé, dans les années difficiles qui suivirent l'effondrement de l'Empire, un rôle de premier plan. Louis XVIII fit remettre à sa veuve le bâton de maréchal de France.