Le groupe parisien DAÏDA présente son second album « LA TRAVERSÉE », une odyssée moderne à travers des territoires sonores variés et envoûtants. Après de nombreuses représentations dans les festivals de jazz européens, DAÏDA ouvre la voie à une nouvelle ère dans la scène jazz française.Depuis qu'ils sortent des disques, les membres de DAÏDA ont développé cette capacité à créer des mondes puissants. Leurs compositions sont autant de pièces musicales et visuelles qui invitent celles et ceux qui les écoutent à un voyage où leurs sens sont en éveil. Avec ce deuxième album, LA TRAVERSÉE, au-delà d'un simple déplacement physique, le groupe incite ses auditeurs à ouvrir le paradigme de leurs sentiments et émotions, de leurs rêves et inspirations. Plus que ça, les onze pistes de ce nouveau long-format capturent l'essence même de la formation, à savoir cette faculté de proposer une authentique expérience immersive et unifiée, que chacun peut concevoir à sa manière.Si ce deuxième album permet une libre interprétation, c'est parce que Vincent Tortiller, créateur et batteur de DAÏDA, qu'il forme avec Samuel F'hima, Antonin Fresson, Auxane Cartigny et Arno de Casanove, en a esquissé les contours. « Avec LA TRAVERSÉE, l'idée est de suivre le cheminement d'une personne inventée dans ses différentes aventures », développe-t-il. Lors de ce périple dont le personnage principal pourrait être celui - ou celle - que l'on voit sur la pochette imaginée par Valentin Maynadié, chaque composition exprime une facette de cette odyssée moderne à travers des territoires sonores variés et envoûtants. Ainsi, les morceaux sont autant de péripéties que d'indices sur la musique que DAÏDA peut faire. Une vaste palette qui se balance d'un « jazz fou » sur OISEAUX D'ABORD à une balade plutôt « mélancolique, voire ténébreuse » avec LES ÂGES SOMBRES, qui glisse également d'une rythmique afro aux élans « clairs/obscurs » pour LA PAIX AVANT LE SIENCE à RIPOSTE et son côté sauvage, puisque « c'est aussi ce qu'on fait », rigole Vincent.Cette métaphore brute trouve son origine dans le premier album du groupe, La passion du cri (Kyrielle), paru en juin 2021, déjà chez Jazztronicz. Avec ce disque, DAÏDA faisait une entrée fracassante dans le paysage. En proposant cette musique riche et forte, autant inspirée de l'énergie rock et de Thom Yorke en tête que des longues pistes instrumentales, les membres ont montré qu'ils s'investissaient corps et âme dans leur art. Afin d'exacerber ce côté viscéral, le groupe s'associait à un ingénieur du son de génie, Nick Guttmann, artificier en chef du trompettiste Christian Scott. Puisqu'il comprend les intuitions de DAÏDA, l'Américain s'est logiquement embarqué une nouvelle fois à leur côté, assis à une table de mixage pour LA TRAVERSÉE. Cantonné à ce rôle, il a su mettre en valeur toutes les idées neuves auxquelles le groupe a pensé pour le deuxième album.Parmi elles, on retrouve l'utilisation de pédales. S'il est plutôt monnaie courante de l'associer à des guitares et des claviers, le faire pour des trompettes l'est un peu moins. Mais là où DAÏDA innove, c'est en branchant une contrebasse dessus. Cette technique originale a beaucoup joué sur leur son. Ainsi, leur identité a évolué, tout comme leurs inspirations qu'ils puisent désormais dans la large proposition de musiques actuelles. Qu'elles soient pop ou indé - Bon Iver, M83, Bjork, Weval... - et dernièrement, en s'orientant beaucoup plus vers les possibles de la musique électronique. « On l'avait timidement initié sur le premier album, reprend Vincent Tortiller. Il y a une scène électronique qui est en train de se développer dans le milieu instrumental. Son énergie représente bien la direction dans laquelle on veut aller. » Concrètement, il s'agit de la transe. Plus qu'un genre, elle est une sensation qui s'accorde à merveille avec ce que le groupe fait, c'est-à-dire de la musique pour que les gens dansent.Finalement, avec LA TRAVERSÉE, DAÏDA passe encore un palier. Ils signent cette double performance qui consiste à la fois d'affirmer leur identité sonore et de l'emmener toujours plus loin. Telle une expérimentation réussie, ce nouvel album, de nouveau piloté par leur label de coeur, Jazztronicz, prouve bien que dans le groupe, il y a de la place pour toutes les inspirations, mais aucune pour les compromis.
Pays d'Origine : INCONNU