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À force de prélever les ressources naturelles à un taux très supérieur à leur taux de renouvellement, à force d'exporter des volumes tels de déchets que la nature ne peut les recycler, nous avons sérieusement dénaturé les écosystèmes. L'économie mondiale, privilégiant une augmentation croissante de la production, est la principale responsable de la dégradation de notre planète. La question se pose donc aujourd'hui de modifier notre modèle économique. Les résistances sont innombrables, mais une sorte de consensus semble rassembler la plupart des économistes : seul évaluer le prix de la nature permettra de la préserver. La nature devrait être considérée comme une épargne dont les intérêts seuls devraient être prélevés pour la production. Ce livre se propose de comprendre comment et pourquoi l'économie s'est brutalement désolidariser de la nature, de présenter des méthodes utilisées pour tenter de réintégrer l'écologie dans l'économie - ou plutôt l'inverse, c'est-à-dire pour donner une valeur à la nature selon les méthodes des assureurs, la méthode des « services rendus » popularisée par l'ONU, et celles inventées pour rentabiliser la biodiversité. Enfin, l'auteur réfléchit aux pistes qui permettraient de « renaturer » l'économie, c'est-à-dire l'homme.