Un grand roman lyrique et sensible qui suit, sur plusieurs décennies, une lignée marquée par l'abandon, l'exil et les violences de l'histoire, de la France des années 30 à l'Algérie de 1962 puis à la France des pieds-noirs. Porté par une langue très imagée, entre prose poétique et récit réaliste, le livre interroge la naissance, la filiation, la mémoire et les fractures intimes que la grande Histoire imprime aux corps et aux vies. Le texte s'ouvre sur Joan, 16 ans, fille-mère dans les années 30, chassée de chez elle par un père violent et abandonnée par Léon, le malfrat dont elle est enceinte. Errant sous la pluie, elle est recueillie par Marcel, photographe de nature, solitaire, qui l'héberge dans sa maison à l'entrée de la forêt. Elle accouche d'un enfant qu'elle ne veut pas regarder, partagé entre désir et rejet, convaincue que ce « rejeton » est lié à son cauchemar. Le roman bascule ensuite dans une écriture plus incantatoire autour de la naissance : poème en prose sur l'errance, les « premières souffrances », la peur, la mer/mère qui rejette et fracasse. Plus loin, nous retrouvons une autre génération : Leïla et Georges, couple mixte en Algérie au début de 1962, pris dans la violence des dernières semaines de la guerre. Menacés par le FLN, traitée de « traitresse », Leïla voit leur porte taguée « Le FLN aura ta peau », tandis que les émeutes éclatent, les milices appellent à « lyncher les Français » et les patrouilles militaires se multiplient. Georges décide de fuir avec Leïla et leur fille Aïma : fuite par les toits, camion de fortune, port d'Alger, embarquement sur « L'Athos II », cargo rouillé chargé de réfugiés vers Marseille. Pour quels lecteurs ?Lecteurs de romans de filiation et de mémoire, sensibles aux sagas familiales traversant plusieurs générations. Publics intéressés par les récits d'Algérie, de guerre d'indépendance, d'exil, de pieds-noirs et de couples mixtes. Amateurs de littérature à forte dimension poétique, avec des passages en prose incantatoire, métaphores et images sensorielles. Clubs de lecture et bibliothèques cherchant des romans qui articulent intimité, histoire et langue travaillée. Un début très fort : Joan, 16 ans, fille-mère rejetée par sa famille et son amant, recueillie par un photographe solitaire - scène d'ouverture intense, immédiatement romanesque. Une écriture singulière : alternance de narration réaliste (dialogues, scènes) et de passages poétiques (naissance, terre qui « hoquète », métaphores marines, « Méduse ou étoile »). Une dimension historique forte : évocation précise de l'Algérie de 1962, du climat de tension, des couples mixtes menacés, de la fuite vers la France via des cargos comme « L'Athos II ». Des figures marquantes : Joan, Marcel, Georges, Leïla, Aïma - personnages pris entre loyautés, peurs, amour, honte, et qui doivent tout abandonner pour survivre. Thèmes clés pour la mise en avantNaissance et rejet : la difficulté d'aimer un enfant non désiré, la transmission des blessures et des non-dits.Filiation et mémoire : comment les choix de la génération de Joan rejaillissent sur celles qui suivent, jusqu'à l'exil algérien. Guerre d'Algérie et exil : menaces du FLN, couples mixtes, fuite des toits au port d'Alger, embarquement, Marseille comme terre inconnue. Langue et poésie : la « main du vent » qui soulève les souvenirs, la mer/mère, l'oubli « linceul du souvenir », construction d'un univers tr