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William Howard Russell en Crimée en 1854, Albert Londres en 1914 à Reims, Robert Capa lors de la guerre civile espagnole, David Halberstam au Vietnam, Anne Nivat en Tchétchénie, Rémy Ourdan en Bosnie, Janine di Giovanni en Syrie... Les correspondants de guerre constituent une caste du journalisme. Ils en sont les figures mythiques, car ils couvrent le phénomène le plus lourd, le plus angoissant, le plus tragique de l'aventure humaine.Comment couvrent-ils la guerre ? Quelles contraintes doivent-ils affronter, entre les dangers du front, la censure, l'omniprésence de la propagande, les risques de tirs croisés, d'enlèvement et d'assassinat ? Quels défis éthiques doivent-ils relever, pour assurer leur indépendance et leur intégrité,dans un contexte qui pousse inévitablement à choisir son camp, au risque de voiler la vérité ? Quelles sont leurs pratiques, leurs routines professionnelles ? Comment s'adaptent-ils aux changements de la guerre, à l'apparition de nouveaux acteurs de la violence, à la crise des médias traditionnels, aux révolutions technologiques, à la présence de « faiseurs d'info », parfois qualifiés de « journalistes citoyens », sur les champs de bataille ? Y aurait-il une autre manière d'informer sur la guerre, entre emballements médiatiques et « conflits oubliés » ? Cet essai « ouvre » la correspondance de guerre, la désenclave de ses instantanés du reportage de première ou de deuxième ligne, l'étend aux moments qui annoncent et qui suivent les violences armées, l'applique aux « nouvelles guerres » de la criminalité ou du cyber-espace.