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Cette gauche pétainiste, plus attentiste que collaborationniste, attachée à la personne du Maréchal ou respectueuse de sa légitimité, aucun historien n'a vraiment pris la peine de l'étudier dans sa spécificité. Jean-Claude Valla nous la fait découvrir durant ces journées cruciales de juillet 1940. Vingt-cinq parlementaires de gauche et une vingtaine de syndicalistes, pour la plupart cégétistes, ont été nommés par le maréchal Pétain au Conseil national. Parmi eux : Paul Faure, député de la Saône-et-Loire et secrétaire général de la SFIO depuis 1920. Il avait tenu les rênes du parti avec Léon Blum, mais s'était opposé à lui en 1938 sur l'attitude à adopter à l'égard du IIIe Reich : tandis que Paul Faure, militant pacifiste de toujours, se déclarait partisan de négociations et d'une révision du traité de Versailles, Léon Blum, cédant à la pression de ses coreligionnaires, en appelait à la croisade des démocraties contre le fascisme. Jean-Claude Valla nous fait découvrir ces personnages, en privilégie quelques-uns comme Adrien Marquet dont il retrace le parcours politique original, et bouscule au passage bon nombre d'idées reçues sur la nomination du maréchal Pétain à la présidence du conseil en juin 1940, sur l'entrevue de Montoire en octobre, sur la destitution de Pierre Laval en décembre ou sur la création du Conseil national en janvier 1941. Une contribution non conformiste à l'histoire du régime de Vichy.