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Tannhäuser fait figure de véritable tournant dans l'évolution des conceptions musicales et théâtrales de Richard Wagner (1813-1883) au point que le compositeur ne cessera d'y apporter des corrections et retouches en présentant pas moins de deux versions de l'oeuvre dont celle remaniée, appelée « la version de Paris », chantée en français le 13 mars 1861, dans un foutoir indescriptible à l'Opéra, avant qu'elle ne soit retirée de l'affiche par Wagner lui-même à la troisième représentation. Paul Scudo (1806-1864), critique musical attitré de la Revue des Deux Mondes, s'en fit l'écho en se déchaînant contre Wagner. Mais les hostilités avaient en réalité commencé dès le fameux concert du 25 janvier 1860, au Théâtre-Italien, le premier concert donné par Wagner à Paris, à l'issue duquel Paul Scudo, italien d'origine et ennemi de l'art allemand, s'était déjà déchaîné contre le compositeur. Si Richard Wagner eut en Paul Scudo un ennemi farouche, la Revue des Deux Mondes n'en fut pas moins pleinement wagnérienne puisqu'elle publiait en 1869, juste un an avant « l'année terrible », l'article du musicologue Édouard Schuré (1841-1929) sur Le drame musical de Richard Wagner, véritable événement fondateur du wagnérisme en France qui valut à son auteur l'approbation chaleureuse du maître allemand dont 2013 marquera le bicentenaire de la naissance. Outre les articles de Paul Scudo et d'Édouard Schuré sur Richard Wagner ayant paru dans la Revue des Deux Mondes, réunis, annotés et largement introduits par Eryck de Rubercy, on trouvera dans cette édition le propre compte-rendu que fit Richard Wagner de l'exécution de son Tannhäuser à Paris.