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Le 30 juin 1988, trente ans après Mai 1968, quarante ans après la naissance de la Constitution du 4 octobre 1958, une centaine de chômeurs investissent le Conseil Constitutionnel, une première dans l'histoire du Pavillon Montpensier. La raison de cet assaut: le non respect du Préambule de la Constitution où il est notamment écrit: « Chacun a le droit d'obtenir un emploi ». Parmi les assaillants du haut lieu constitutionnel, Sébastien Schifres qui s'empare d'un document de vingt-cinq feuillets avec ruban tricolore et sceau de la République, en l'occurence l'un des dix exemplaires originaux de la Constitution de 1958 et le déchire. « Mon acte, déclara l'auteur de cette déchirure constitutionnelle, se voulait uniquement symbolique ».Stéphane Baumont s'interroge ici sur les raisons d'un tel acte, sur le sens d'un tel geste, sur le choix d'un tel lieu et sur la déchirure des Tables de la Loi constitutionnelles. Une réflexion et un essai qui interpellent d'autant plus que la crise de l'emploi perdure et que le désenchantement vis-à-vis du politique devient une des constantes inquiétantes de notre société contemporaine.